Ce jeudi 4 juin, à Paris, Andy Moss, le CEO et cofondateur de Mindtrip, a fait sa première sortie européenne sur la scène de Next Tourisme. Et il n’est pas venu les mains vides : la plateforme américaine, jusqu’ici concentrée sur le marché nord-américain, démarre officiellement ses activités en Europe.
J’étais dans la salle. Voici ce qu’il faut en retenir, et surtout ce que ça change concrètement quand on travaille dans le tourisme français.
Ce qui a été annoncéMindtrip signe ses premiers contrats européens avec le Madeira Promotion Bureau et le Norwegian Travel Cluster. Côté américain, l’entreprise compte déjà Brand USA, Visit California ou Visit Orlando parmi ses clients.
Pour celles et ceux qui découvrent le nom, Mindtrip est née dans la Silicon Valley en 2023. C’est une plateforme qui aide le voyageur à préparer son séjour en discutant avec une IA en langage naturel, plutôt qu’en remplissant des filtres et des cases à cocher.
Le reste de l’architecture, je l’avais détaillé dans mon guide, et l’annonce ne fait que le confirmer : Sabre fournit la brique technologique du voyage (accès aux vols et aux hébergements), PayPal gère le paiement. American Express, United Airlines et Capital One figurent parmi les investisseurs. On n’est pas sur une promesse de slide, mais sur une infrastructure qui se construit.
Côté distributeurs, TUI a déjà branché Mindtrip sur son outil de production. Sébastien Botte, le DSI de TUI France, m’a expliqué comment, et pourquoi ce n’est encore qu’une expérimentation du groupe : Sébastien Botte (TUI France) : « À la fin c’est le conseiller qui prend la décision ».
De l’inspiration à la réservation : la vraie bascule selon Andy MossLe message qu’Andy Moss a martelé sur scène tient en une idée. On vient d’un monde de recherche et de filtres : vous remplissiez des critères, vous obteniez une liste. Ce que ChatGPT a appris aux gens, c’est qu’on peut poser une question et recevoir une vraie réponse détaillée. Et les consommateurs, dit-il, sont en avance sur l’industrie.
Conséquence : la première vague de l’IA touristique, celle de l’inspiration, est déjà derrière nous. Il avance le chiffre de 56% de voyageurs qui s’en servent déjà à ce stade. La prochaine bascule se jouera ailleurs.
« La planification et l’inspiration, c’est déjà fait. Notre prochaine phase, c’est d’aller en profondeur sur la réservation elle-même. C’est là que se trouve la prochaine frontière. » Andy Moss, traduit de l’anglais
C’est ce qu’il appelle la decision layer, la couche de décision. Le moment où l’IA ne se contente plus de suggérer, mais compare, recommande et accompagne jusqu’à l’achat. Première brique concrète, lancée avec Sabre : My Trip Flights, côté vols.
Il replace tout ça dans une vision large. Selon lui, d’ici deux ans, chacun aura un assistant personnel généraliste sur son téléphone, quelque part entre le Jarvis d'Iron Man et l’IA du film Her. À charge pour des acteurs verticaux comme Mindtrip de venir s’y brancher.
« Dans deux ans » ressemble plus à une formule de scène qu’à une feuille de route. La vraie question n’est pas de savoir si Jarvis débarque en 2028 mais ce qui est déjà branché aujourd’hui. Et sur ce point, la réponse est concrète et pas spéculative.L’humain dans la boucleMindtrip ne mise pas sur le tout-algorithme. Comme le dit Andy Moss, un LLM seul reste de l’IA pure ; eux ont fait le choix de l’humain plus l’IA. Le rachat de Thatch et de ses dizaines de milliers de guides rédigés par des créateurs experts…