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Quand on parle IA, créativité et nouveaux usages, c’est bien de regarder l’envers du décor. En décembre dernier, dans mon dossier “Vidéo IA & Tourisme : créativité et responsabilité”, je partageais déjà cette conviction que l’impact environnemental doit faire partie intégrante de nos réflexions.
Estimation de l’impact environnemental de la réalisation d’une vidéo IA de 52 secondes - publiée dans le numéro de décembre de IA, Tech & Travel CaféEt au passage, pas seulement pour l’IA… mais pour tout ce que l’on fait avec le numérique.
Depuis, on l’a vu tout à l’heure, l’actualité s’est emballée avec de nouveaux outils toujours plus accessibles, des usages massifiés, une démocratisation grand public… et avec cette accélération, une question devient de plus en plus pressante dans les échanges : Quel est l’impact environnemental réel de l’IA ?
Quelques ordres de grandeurPour commencer, voici une synthèse basée sur les travaux récents de Sacheen Sierro qui s’appuie sur de nombreuses sources (ADEME, MIT, Arbor…) :
Source : Post Linkedin de Sacheen SierroCe qu’on peut en tirerUne session de visio Zoom polluerait
1000 fois plus que 5 requêtes ChatGPT45 min de scroll sur Instagram émettrait
70 fois plus de CO₂ que 5 prompts IA
L’IA générative textuelle resterait
moins énergivore que le streaming vidéo ou les jeux en ligne
En résumé : Oui, le numérique dans son ensemble a un impact… et l’IA ne fait pas exception. Mais elle ne serait pas aujourd’hui le principal contributeur aux émissions carbone du numérique.
⚠️ Quelques précautions sur les chiffresCes dernières semaines, plusieurs débats continuent d’agiter LinkedIn sur l’empreinte carbone de l’IA. Avec par exemple, une utilisatrice qui estimait générer 3,5 kg de CO₂ par mois via ses requêtes ChatGPT, soit autant que 28 km en voiture. Un chiffre qui alerte… mais qui mérite aussi d’être manipulé avec précaution, comme ceux de l’analyse précédente.
Comme le rappelle Benoît Raphaël, spécialiste de l’IA :
La consommation réelle dépend du modèle utilisé (GPT‑4, GPT‑4o, Mistral…),Du lieu d’hébergement (mix énergétique du data center),Et du type de requêtes effectuées.
L’important, c’est de rester lucide, sans tomber dans l’excès d’alarmisme.
IA générative : le vrai sujet, c’est l’échelleLe site Bon Pote a publié récemment un dossier qui pourrait bien faire référence sur l’empreinte environnementale du numérique.
Source : “IA Génératives, data centers… quelle est la vraie empreinte environnementale du numérique ?” - Bonpote.comGauthier Roussihle y rappelle que :
A l’échelle individuelle, utiliser un peu l’IA (écriture, images) n’est pas dramatique
A l’échelle mondiale, avec 1 milliard d’utilisateurs et des data centers en expansion,
le défi environnemental devient beaucoup plus sérieuxLe paradoxe ?
Chaque micro-usage est léger… mais multiplié par des millions, ça commence à peser lourd.
Et concrètement, on fait quoi alors ?Pas besoin de paniquer et pas besoin non plus d’ignorer ou de vouloir cacher tout ça sous le tapis. Mais adopter sans doute des réflexes simples pour un usage plus responsable de l’IA :
Ce texte fait la paire avec Pourquoi l’IA ne sera jamais neutre : l’importance du discernement humain, paru dans le même numéro : là-bas nos biais, ici l’énergie, et dans les deux cas la même conclusion, garder les yeux ouverts.
✅ Utiliser l’IA avec intention : avant de lancer une requête ou une génération d’image, se demander : “Est-ce que ça répond à un vrai besoin, une vraie envie, ou est-ce juste un réflexe ?…