Jusqu'à la fin du xviiie siècle, Avignon et le Comtat Venaissin ont été régis, en matière de tolérance religieuse, selon des principes différents de ceux de toutes les puissances européennes environnantes. D'où la forte implantation des communautés juives jusqu'à cette époque. Celles-ci connaissent alors une certaine prospérité qui leur permet d'engager au xviiie siècle la reconstruction de leurs synagogues, profondément originales dans leur conception. Les quartiers qui les abritent – portant le nom de carrière, du mot qui signifie rue en provençal – sont inscrits tous les quatre à l'intérieur du périmètre des remparts, un peu à la marge des cœurs des villes médiévales, mais en plein centre ancien à l'époque moderne, a fortiori de nos jours. Le site de Cavaillon est le mieux conservé dans sa lisibilité d'origine. Un projet de réaménagement muséographique crée un parcours de part et d'autre de la rue hébraïque, introduisant successivement à la boulangerie (synagogue des femmes), aux bains rituels, au musée, enfin à la synagogue.
Mais la valorisation touristique engagée reste encore timide (brochures, formation des guides…). Pour aller plus loin, il faudrait que soit engagée une réflexion départementale, dans une logique de complémentarité des différents sites.
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