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Sociologie des pratiquants des sports de nature. L'exemple de la Réunion
À partir de l'exemple réunionnais, il est proposé un éclairage sociologique des pratiquants de sports de nature. Ce public se caractérise par un élargissement de sa base sociale de recrutement, même si des inégalités d'accès persistent. Jadis minoritaires, les femmes, mais aussi les générations plus âgées et les différents groupes sociaux empruntent de plus en plus les chemins des sports de nature, à la recherche d'une nouvelle identité.
Les sports de nature montrent aussi un engagement sportif ambivalent. En effet, si la majorité des pratiquants échappent à l'orthodoxie sportive établie en pratiquant hors des institutions, un certain nombre d'entre eux continuent à alimenter le système sportif traditionnel. Cette ambivalence existe aussi chez le même pratiquant, qui peut investir les différents univers selon ses projets.
Les adeptes de sports de nature développent des modes de pratique extrêmement pluriels et variables vis-à-vis d'eux-mêmes et d'autrui, dans le temps comme dans l'espace. Ce comportement reflète leur style de vie au quotidien, dans lequel ils recherchent en permanence l'autonomie et l'initiative dans leurs différents choix consommatoires.
Enfin, les attentes exprimées par les pratiquants reflètent bien les imaginaires sociaux les plus valorisés (exotisme, mieux-être, ludisme, extrême, émotion…), tout en montrant l'évolution du rapport à la nature (d'une nature simple support à une nature partagée). Plus subtilement, un processus de diffusion des valeurs portées par les sports de nature cohabite ainsi avec un processus d'individuation visible dans l'intimité des comportements que se construit chaque pratiquant.
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